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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayTORONTO - Perdre le contrôle. Le cauchemar de tout athlète. Iga Swiatek l’avait déjà vécu face à Marta Kostyuk il y a à peine plus de deux mois. Après la première manche disputée entre les deux joueuses samedi, à Toronto, elle était en danger de se repasser ce mauvais rêve.
La dernière fois qu’elles s’étaient croisées, l’Ukrainienne (no 10) avait battu la Polonaise (no 7) sur ses terres, ou plutôt sur SA terre, battue, celle de Roland-Garros, là où elle a triomphé quatre fois.
Une défaite alors différente, disait Swiatek, au cours de laquelle elle avait perdu le contrôle et s’était butée à sa propre incapacité à trouver des solutions parce qu’elle se sentait de mal en pire sur le terrain.
Je ne veux pas faire une séance de thérapie devant les médias, avait-elle conclu, à Paris. Connaissant la gent médiatique, que voilà une sage décision.
Samedi après-midi, Kostyuk a démarré en trombe dans ce match de huitièmes de finale. Entre les deux meilleures relanceuses sur le circuit cette saison, affirmation appuyée par les statistiques de la WTA, l’on pouvait s’attendre à quelques bris de services. Il y en a eu 11 en 24 jeux au total.
La 10e tête de série a pris les quatre mises en jeu de Swiatek dans la première manche. Pire encore : ce faisant, elle lui a laissé un seul petit point. Un point sur les 17 joués derrière le service de l’ancienne no 1 mondiale, soit un taux de succès de 5,9 %...c’est pratiquement du jamais vu. Proche de la perfection pour Kostyuk.
Mes services n’étaient pas assez rapides, mais elle retournait bien aussi, a concédé Swiatek en conférence de presse après le match.
Kostyuk l’a arrosée de coups gagnants, souvent dès le retour, particulièrement en deuxième balle alors qu’elle se plantait les deux pieds un bon mètre à l’intérieur du terrain. La jeune Ukrainienne de 24 ans semblait incapable de rater une balle et l’agressait à répétition. Rouée de claques, Swiatek a fait le dos rond.
La sextuple championne en grand chelem a quitté le terrain après avoir perdu la première manche. Une pause fraîcheur, probablement, de ce chaudron moite qu’était devenu le terrain central samedi, mais sûrement avec le souvenir de la dernière défaite bien frais à la mémoire. Et avec l’intention ferme de l’effacer.
Je ne m’en faisais pas avec ça. Je sais que c’est une excellente relanceuse, elle te met sous pression, surtout sur tes deuxièmes balles de service. Parfois, elle prenait de grands risques en retour et ça tombait en jeu. Je savais que je devais mieux servir pour gagner, c’est sûr, mais je savais aussi que, si je continuais simplement à être solide, elle allait faire des erreurs, a raconté la jeune femme de 25 ans.
Swiatek n’a pas évoqué leur dernier affrontement. Elle n’avait pas besoin, tout le monde l’avait à l’esprit de toute façon. C’est ce qui rend d’autant plus impressionnant son rétablissement et cette victoire, au bout du compte, de 3-6, 6-1 et 6-2.

Marta Kostyuk félicitant Iga Swiatek.
Photo : imagn images via reuters connect / John E. Sokolowski
[Après la première manche], j’avais une bonne idée de ce que je devais faire de différent et de ce que je faisais de mal. J’étais calme. La pire chose qui peut t’arriver, c’est de sentir que c’est sans espoir ou que tu n’as aucune idée de ce que tu dois faire pour renverser la situation. Je n’ai pas senti ça aujourd’hui. Je me suis fait confiance, a fait valoir la huitième mondiale.
Il fallait sortir de sa zone de confort, a-t-elle expliqué. Swiatek a alors accéléré, autant lors de ses services que sur ses coups en fond de terrain. Elle a allongé ses deuxièmes balles pour menotter Kostyuk dans sa grande prise de risques.
Pour gagner un match comme celui-là, tu dois jouer plus vite et là, tu ne peux pas être certaine à 100 % que tes balles seront bonnes, mais tu dois prendre des risques.
Kostyuk restait sur deux demi-finales d’affilée en tournoi majeur, à Wimbledon et Roland-Garros. Elle venait d’écraser Madison Keys, pas la première venue, au tour précédent. Elle a deux titres cette saison, dont un en WTA 1000.
Swiatek, elle, est arrivée au Canada sans grande référence par rapport à ses standards habituels. Aucune finale depuis le début de l’année – et donc aucun titre – et beaucoup de points à défendre dans une semaine à Cincinnati, puisqu’elle en est la championne en titre. Ça faisait beaucoup de raisons de favoriser Kostyuk après une manche. Et pourtant.
Malgré le score en apparence sans appel des deux dernières manches, le match est demeuré serré. Swiatek a encore dû repousser sept balles de bris et a dû attendre à sa sixième balle de match avant de s’imposer.
C’était un match très intense. On s’est battues pour toutes les balles, à chaque point. Il n’y avait rien de gratuit. Nos erreurs venaient surtout du fait qu’on se poussait l’une l’autre et non pas parce qu’on jouait mal, a-t-elle estimé.
Au fur et à mesure qu’elle prenait le dessus, de l’autre côté du filet, Kostyuk laissait aller sa frustration, implorait son camp assis dans les gradins en quête de solutions. Trop peu, trop tard.
A-t-elle vu son adversaire s’emporter?
Je m’en fous, a-t-elle d’abord lancé, avant de se reprendre.
C’est quand même satisfaisant, je dois dire, a renchéri Swiatek, sourire aux lèvres.
Comme quoi, le contrôle, il se perd, il se reprend.
Pegula surprise
En quarts de finale, Swiatek affrontera la surprenante Russe Diana Shnaider (no 15), tombeuse de la double championne de l’Omnium Banque Nationale, Jessica Pegula.
Shnaider a triomphé en deux manches de 6-3, plus tôt en journée.
Le programme de la soirée, samedi, oppose la no 1 mondiale, Aryna Sabalenka, à Ekaterina Alexandrova (no 16) et Amanda Anisimova (no 8) à Elina Svitolina (no 9).


2 weeks ago
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