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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayCertaines scènes peuvent faire sourciller aux Championnats panpacifiques de paranatation, qui se déroulent actuellement à Walnut, en Californie. Des nageurs ayant différents handicaps compétitionnent l’un contre l’autre – et parfois, celui qui touche le mur en premier est exclu du podium.
Cela peut paraître injuste au premier coup d'œil. Ces scénarios ne sont pourtant pas si inusités dans le monde paralympique. En paraski alpin, par exemple, il arrive souvent de voir l’athlète avec le chrono le plus rapide aboutir au 2e ou au 3e rang en raison des temps pondérés.
Ces temps sont calculés en fonction de la déficience des athlètes – et visent à offrir la meilleure équité possible, puisqu’il serait difficile de regrouper des skieurs ayant exactement le même diagnostic.
C’est une solution qui a été trouvée pour offrir des compétitions à des athlètes évoluant dans des classifications trop peu fournies, où il pourrait ne pas y avoir suffisamment de concurrents.
Un principe semblable est appliqué aux Championnats panpacifiques de paranatation, à l’exception que le temps n’est pas pondéré selon l’évaluation médicale de la déficience, mais plutôt selon le record du monde correspondant à chaque classification. Ce sont des événements appelés multiclasses.
La marque mondiale sert de baromètre pour déterminer les places sur le podium. Les nageurs sont en quelque sorte dans un contre-la-montre, et les athlètes les plus proches du record du monde décrochent les médailles.

Danielle Dorris
Photo : Radio-Canada / Layla Bechou
Vendredi, par exemple, la Canadienne Danielle Dorris, une athlète avec une malformation génétique aux mains, a gagné le bronze, même si elle a été la première de son groupe à toucher le mur, en 34 s 42/100.
Une Américaine a parcouru la distance en 37,21 s, mais en abattant du même coup une nouvelle marque mondiale, pour les athlètes dans sa catégorie. Une charte mathématique a octroyé 1060 points à Katie Kubiak, devant les 941 de Dorris.

Katie Kubiak
Photo : Getty Images / Yong Teck Lim
Une situation que Benoît Huot a vécue, notamment aux Jeux du Commonwealth, avant que ceux-ci n’abandonnent le concept. Une solution loin d’être parfaite, dit le multiple champion paralympique.
Un athlète gagne la course, mais il finit 5e. Ce n’est pas idéal, ce n’est pas très télévisuel, admet l’analyste en natation pour Radio-Canada Sports. C'est loin d'être attrayant, mais c'est pour rendre ça plus compétitif.
On ne pourrait pas avoir une compétition avec toutes les catégories sur trois jours, c'est impossible. Mais en ayant un format combiné, on peut se le permettre. Et ça coûte cher de louer une piscine au complet. Il faut trouver des solutions économiques pour que ces événements aient du sens, ajoute-t-il.
Autre défaut de ce système : tous les records du monde ne sont pas égaux, selon Benoît Huot.
Il se peut qu'une S7 [une catégorie, NDLR] batte son record du monde au 400 m libre, tandis qu'une S9 est à cinq secondes du record du monde, mais gagne la médaille d'or quand même parce que certains records sont inatteignables.
N'empêche, mieux vaut des courses imparfaites que pas de compétitions en paranatation.
Les athlètes ne peuvent pas attendre les Championnats du monde ou les Jeux paralympiques pour avoir des compétitions d’envergure. C’est la réalité du monde paralympique, avec des bassins plus restreints, explique le détenteur de 20 médailles paralympiques.
Souvent dans ces compétitions, les athlètes ne vont pas attribuer d’importance à leur classement, mais seulement à leur médaille, souligne Benoît Huot.


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