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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayJacques Doucet était un homme aux multiples talents. Peut-être était-il même devin, si l’on en croit les souvenirs de Claude Raymond, ancien lanceur dans les ligues majeures et partenaire de Doucet à la radio durant plus d’une décennie.
Il avait fait une entrevue avec moi quand il était à La Presse, puis il a dit : "Un jour, ça se peut qu’on travaille ensemble." Il n'était même pas descripteur des matchs des Expos dans ce temps-là, se souvient l’ancien joueur de l'équipe montréalaise, rencontré par Radio-Canada Sports chez lui, dans sa cour, quelques heures après l'annonce du décès de Jacques Doucet.
Tout à coup, il prend la tête, il me propose [de venir commenter avec lui], et on a passé 12 années extraordinaires ensemble.
La première rencontre entre les deux grands a d’ailleurs eu lieu à l’occasion d’une entrevue, fin 1958. Raymond venait tout juste de se faire repêcher par les White Sox de Chicago.
Je jouais dans une ligue de bowling et il était venu me voir jouer à la salle Notre-Dame, ici à Saint-Jean. J’avais joué un des meilleurs matchs de ma vie, alors il m’avait demandé : "Qu’est-ce que tu fais, tu joues au baseball et t’es aussi bon que ça au bowling?", se souvient en riant Raymond.
Que ce soit autour d’un scotch ou d’un verre de vin, les deux inséparables ont formé un duo à l’éthique de travail irréprochable. Par exemple, sur la route, ils allaient toujours voir les descripteurs locaux pour voir s’ils n’avaient pas un peu de métier à leur apprendre. Bien sûr, les deux ont aussi appris grâce au travail de l’autre.
Il m’a influencé, mais j’ose croire que, moi aussi, je l’ai influencé. Il a appris beaucoup de son baseball avec moi, parce qu’il n’y avait pas beaucoup de Québécois qui jouaient au baseball majeur, mais j’ai joué pendant 18 ans chez les pros, explique Raymond.

Claude Raymond
Photo : Radio-Canada
Tu t’y attends toujours, mais quand ça arrive, tu ne peux pas le croire, se désole-t-il en parlant du décès de Jacques Doucet. J’ai passé tellement de temps avec lui, on était comme les doigts de la main. On était toujours ensemble, puis on essayait toujours d’améliorer ce qu’on devait faire pendant le match ou pour notre préparation.
Doucet est aussi reconnu pour la qualité de sa langue et pour avoir créé plusieurs termes devenus, au fil des années, des essentiels du lexique français du baseball.
Au tout début, avant que les Expos jouent un match, ils avaient réuni une dizaine de journalistes et ils avaient fait une liste avec le vocabulaire français pour le baseball. Jacques la traînait tout le temps dans sa mallette, souligne Raymond.
C’était un homme de baseball et on vient d’en perdre deux en l’espace de quelques mois, Brulotte et Doucet. [...] C’est une grosse perte pour moi. On a appris, on a eu du fun, on a vécu beaucoup de beaux moments ensemble. Repose en paix, Jacques.

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