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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayQu’est-ce que le style canadien?
On ne parle ici que de soccer, mais il semble s’agir ici d’une responsabilité — définir comment, à terme, tout un écosystème sportif va jouer — que le commun des mortels ne tient peut-être pas à assumer.
Pour la sélectionneuse de l’équipe féminine du Canada, Casey Stoney? C’est plutôt un privilège.
Nous ne prenons pas ça à la légère, car nous sommes bien conscients que les trois personnes dans la salle ne sont pas canadiennes, souligne Stoney, en conversation avec Radio-Canada Sports par écran interposé.
C’est le sélectionneur de l’équipe masculine, Jesse Marsch, qui a ébruité ces rencontres la semaine dernière. En compagnie de Kenneth Heiner-Moller, directeur sportif des équipes nationales, Stoney et Marsch ont discuté pendant deux jours d’un modèle à mettre en œuvre dans les différentes équipes nationales de soccer du Canada.
L’objectif est cependant plus vaste. La fédération nationale espère que ce modèle va s’imprégner un peu partout dans le milieu canadien du ballon rond, même si Stoney précise qu’elle n’a pas à dire aux clubs comment ils doivent jouer.
C’est pour donner à tout le monde une orientation quant aux genres de joueur et de joueuse qu’on souhaite former, expliquait Marsch dans une vidéo publiée par Canada Soccer. C’est la façon dont on peut lier toutes les sphères d’influence : le soccer amateur, les équipes nationales de jeunes, les équipes de développement dans la MLS, dans la Première ligue canadienne, dans la Super Ligue du Nord, jusqu’à nos premières équipes.

L’entraîneur-chef de l'équipe masculine du Canada, Jesse Marsch
Photo : Getty Images / Molly Darlington
Avec un Danois, un Américain et une Britannique aux commandes du processus, Stoney précise d’emblée que les Canadiens en feront partie intégrante. Heiner-Moller rencontrera notamment certains anciens joueurs et entraîneurs, et les deux sélectionneurs ont l’intention d’être à l’écoute de tous les intervenants, tout particulièrement du côté féminin. Les femmes, après tout, ont enchaîné les tournois majeurs pendant que les hommes trébuchaient à répétition.
L’expression travailler en silos n’est pas un cliché à Canada Soccer. Une équipe nationale travaillait de son côté, l’autre travaillait de son côté, et la synergie avec les équipes de jeunes n’était pas optimale, mentionne Stoney. Au bout du processus, qui devrait durer de six à huit mois, tous les programmes emploieront le même langage.
Il s’agira de travailler à partir des mêmes principes de jeu, de sorte qu’un joueur ou une joueuse saura exactement quelles sont les attentes dans les équipes nationales, que ce soit dans le jeu ou dans le comportement, explique Stoney.
Un modèle de jeu clair et des objectifs de formation précis qui mènent à des résultats exceptionnels. Dans l’histoire récente du soccer, ce modus operandi s’associe naturellement à l’Espagne, dont l’équipe masculine a gagné six trophées majeurs depuis 2008.
Le FC Barcelone s’imposait à l’époque comme la meilleure équipe du monde. Il y avait d’ailleurs des parallèles évidents à dresser entre les principes de jeu du Barça et de l’équipe nationale, ce qui laisse croire que Stoney, Marsch et Heiner-Moller ne font pas fausse route en jugeant possible une forme d’homogénéité dans tout l’écosystème.
Puis, en 2023, avant que les actions du président de la fédération espagnole, Luis Rubiales, ne viennent tout gâcher, l’équipe féminine a gagné sa première Coupe du monde avec un style à l’espagnole, un style qu’il ne convenait plus d’associer uniquement aux messieurs. Une identité commune qui fait des petits.
En Espagne, c’est dans leur culture, c’est dans leur ADN. C’est comme ça que ça joue : du jeu technique, en possession, reconnaît Stoney. [Notre synergie] est très inhabituelle : Jesse m’a invitée à un camp de l’équipe masculine. Nous avons une belle relation de collaboration. Nous nous parlons beaucoup. On se souhaite bonne chance. On échange sur nos matchs respectifs.
Partout où je suis allée, je n’ai jamais vu autant de collaboration entre les équipes masculines et féminines. Même dans un club, je n’ai jamais vu ça.
Se hisser parmi l’élite du soccer mondial est un chantier de tous les instants. Avec ce projet, le soccer canadien veut faire en sorte que gagner des matchs éliminatoires du Mondial masculin devienne la norme — et que le Mondial féminin de 2023, avec une plate élimination en phase de groupe pour le dernier tournoi majeur de Christine Sinclair, ne soit pour le Canada qu’un mauvais souvenir.
L’équipe de Casey Stoney jouera d’ailleurs sa qualification pour la Coupe du monde à la fin novembre, en quarts de finale du Championnat de la CONCACAF. En battant le Panama, les Rouges valideraient leur billet pour le Brésil en 2027 ainsi que pour les Jeux olympiques de Los Angeles, à moins d’un improbable flop des Américaines contre les Salvadoriennes. Les JO de 2028 ne seraient alors accessibles qu’avec une victoire en demi-finale.
D’ici là, les Canadiennes joueront deux matchs amicaux contre les Danoises : à Montréal, le 9 octobre, puis à Toronto, le 12. Pour cette première fenêtre internationale depuis le sommet Stoney-Marsch-Heiner-Moller, appelons-le ainsi, la sélectionneuse a une bonne idée de ce qu’il aura eu comme influence sur son message aux joueuses.
Ça ne changera pas beaucoup de choses, parce que Jesse et moi avons combiné ce sur quoi nous travaillons déjà, mais il y a quand même certains éléments sur lesquels nous allons nous pencher particulièrement, prédit Stoney. Presser pour prévenir les contre-attaques, les moments de transition — récupérer le ballon, jouer vers l’avant, être plus entreprenantes dans ces moments-là. Les moments de transition défensive seront aussi très importants contre le Danemark.
Et à moins d’une grande surprise, cette fois, le public sera acquis à la cause des Canadiennes, contrairement au 3 juin 2025, quand le Stade Saputo avait adopté le style haïtien.

Les partisans d'Haïti étaient venus nombreux au Stade Saputo, le 3 juin 2025.
Photo : RCI / Rufo Valencia


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